Un roman sur la piste des Templiers

               TALENTS DU BASSIN (#8)

par Jean Dubroca 

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Littérature : Un roman sur la piste des Templiers par Jean-Pierre Lacoste.

Jean-Pierre Lacoste, 52 ans, vit sur le Bassin, à Arès où il est élu local. Ce professeur des Universités à Bordeaux, sportif accompli mais aussi peintre de talent, a déjà publié plusieurs ouvrages dont des romans « Portuaires » ( tomes 1, 2 et 3) qui sont, dit-il, « des rêves d’ivoire, de hachisch et de gitanes ».Il a aussi écrit « Aube haïtienne » qui reflète son amour des voyages et de l’exotisme (Tous chez Mollat ed.). En 1996, il sort un livre original : « Une autre Histoire des Sciences, Techniques et Civilisations  » (Edition des recherches universitaires). Il s’y attarde sur l’importance du savoir grec et sur les causes des limites de son expansion, sur la catastrophe intellectuelle que fut le terrible incendie de la Grande bibliothèque d’Alexandrie et qui, selon lui, marque le début du Moyen Age. Une longue époque qu’il voit consacrée à la reconquête du savoir grec et qui ne fut pas et loin de là, dit-il, une période d’obscurantisme. Il a le même regard original mais pessimiste sur les siècles suivants, la France lui semblant retomber dans les erreurs politiques et sociales grecques tandis qu’il voit le XXIème menacé par une crise économique mondiale sans précédent.

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La même originalité intellectuelle, on la retrouve dans son dernier roman : « Le dernier Templier de Saint-Jean-D’Acre », dont il dit : « il constitue l’histoire cachée de la magnifique épopée templière ». Certes, cette tragique épopée a déjà beaucoup inspiré la littérature et l’audio-visuel. Il est vrai qu’entre Histoire et Légende, le dramatique destin de ces moines-soldats contient tout ce qu’il faut pour passionner l’imaginaire collectif. Qu’il s’agisse de la puissance, de la richesse et du pouvoir attribués à l’Ordre ou bien de sa terrifiante agonie engendrée par l’intolérance catholique et la cupidité du pouvoir royal qui les condamne à mort, pour des aveux sur des fautes arrachés sous la torture.

 

Par la suite, on imagina des liens entre la philosophie de l’Ordre des Templiers et la Franc maçonnerie qu’elle réfuta au XVIIIème siècle. On fantasme aussi et toujours sur le fameux trésor des Templiers venu des richesses des mines d’or et d’argent que les survivants de leur massacre auraient découvertes sur le continent américain. Enfin, la malédiction du grand maître de l’Ordre, Jacques de Molay, assénée depuis son bûcher et qui voue au malheur pendant treize générations les héritiers de Philippe le Bel ajoute au mystère d’une histoire qui ne cesse de passionner le public. Tout cela Jean-Pierre Lacoste l’évoque et devrait donc assurer le succès de l’ouvrage. D’autant plus qu’il relie son récit au siège de Saint-Jean d’Acre qu’il raconte et qui, en 1291, marqua, autant symboliquement, que concrètement la fin de la présence franque en Terre sainte.

 

L’auteur base donc son roman sur ce phénomène durable que constitue l’aventure auréolée de mystère des Templiers. Mais il en construit le récit hors des chemins habituels car il y raconte comment tout repose sur la découverte du fameux Grand livre de l’ordre qui, le 12 janvier 2010, à 16 heures, jaillit de l’écroulement d’un double mur secret d’un couvent dominicain à la suite du tremblement de terre qui pulvérisa Haïti. Jean-Pierre Lacoste traduit alors les pages écrites en 1134 par le capitaine Danglade, en 1167 par Pierre de Lezignan ou par Jehan du Luc de la Rose en 1356. Des témoignages d’où il ressort que ces moines, soldats et marins, ont « découvert » aux Caraïbes le continent américain en 1133, alors que Christophe Colomb aurait dérobé des pages tenues secrètes dans la bibliothèque de l’ordre Julio Tristao Vaz Texeira, au Portugal. Et ce n’est pas là la moindre des surprises de ce roman captivant.

 

Autre intérêt de ce Dernier Templier : Jean-Pierre Lacoste y décrit la vie des chrétiens d’orient, des esclaves, du djihad et la dureté sanglante des croisades à une époque qu’il rapproche de la nôtre.

 

Enfin, il montre bien que ces chevaliers défenseurs du Saint Sépulcre ne furent pas que des militaires et les organisateurs de la plus puissante force militaro-religieuse du Moyen-Age mais qu’ils ils furent aussi des philosophes humanistes dont la pensée fut inspirée par celle de Saint Augustin.

 

Un riche roman, enrichi, s’il le fallait, par des illustrations à la fois poétiques et documentaires, signées par l’auteur lui-même et qui ajoutent au roman toute son ampleur imaginative.

 

J.D.

 

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– « Le dernier des Templiers de Saint-Jean d’Acre ». Par Jean-Pierre Lacoste. Editions Escapades. 22 €.

 

 

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