Les gardiens de dune

3- PATRIMOINE  2019 /Les gardiens de dune 

            – Depuis dix ans, un syndicat mixte gère le Grand site national dune du Pilat. Il est constitué par des représentants de la commune de La Teste, du département de la Gironde et de la région Nouvelle Aquitaine. Il contrôle désormais toute la zone du parking de 750 places qui permet d’accueillir une partie des deux millions de visiteurs annuels du site. L’essentiel du travail du syndicat est résumé par sa présidente, Nathalie le Yondre quand elle déclare : « Nous avons imposé une gestion publique de la dune pour y accueillir les visiteurs, tout en préservant cet énorme mais fragile monument naturel ».

Mais la tâche est importante,  à la mesure du gigantisme du lieu. Il faut lutter contre le stationnement sauvage de voitures qui peuvent atteindre les 3500 certains jours,  tandis que le nombre quotidien de visiteurs parvient à un pic de 16 000 en été. Il faut aussi réhabiliter le village commercial, améliorer l’accessibilité du site par divers moyens de locomotion, finir d’acquérir, d’ici fin 2019, via le Conservatoire du littoral, la totalité de la propriété des 400 hectares de sable et obtenir ainsi le label « Grand site de France ».

Tous ces efforts sont utiles. D’abord pour protéger l’environnement naturel, ce qui est essentiel car c’est son aspect naturel qui assure la force d’attraction du site.  Ensuite, ils assurent des retombées économiques importantes qui se montent à dix millions d’euros en direct et 170 millions en indirect. De plus, ils permettent au syndicat de fonctionner sans subvention, grâce seulement aux recettes du parking et de l’aire d’accueil, alors que jusqu’à vingt-sept personnes assurent le bon fonctionnement et l’entretient de  l’endroit.

            Il faut dire qu’il fut long et difficile de parvenir à l’équilibre financier connu aujourd’hui et encore plus dur d’assurer, contre de nombreux rapaces, la préservation du paysage resté, malgré tout, très pur. Cela n’a pu être obtenu que par la forte volonté politique de certains élus locaux dont François Deluga, Michel Daverat et aujourd’hui par Nathalie Le Yondre qui ont su impliquer les collectivités politiques dans leurs démarches. Il le fallait, car, jusqu’à la fin du siècle dernier, la totalité du site, mal aménagé, était formée d’un imbroglio de propriétés privées, tout comme le juteux parking qui rapportait son locataire 450 000 € chaque année. Le syndicat, dut alors, pendant dix années, s’attaquer à de multiples intérêts contradictoires, tout remettre à plat et en ordre pour parvenir aujourd’hui à la maîtrise publique des lieux  et ramener la Dune dans son éthique originelle. Une prouesse.

                                                                                                         Jean Dubroca