Gardarem les cabanes !

# 24 – REVUE  DE  PRESSE

par Jean Dubroca

– PATRIMOINE / CABANES

– Une cabane en bleu et une autre en musée.

    Dans « La Dépêche du Bassin » du 4 mars, Jean-Baptiste Lenne parle d’une cabane à Audenge, située tout au bout du port. Particularité : elle a des volets tout bleus. Donc, elle est faite pour des artistes. « Les peintres, sculpteurs et artisans qui y exposent régulièrement apprécient l’authenticité du lieu », écrit J.B. Lenne. Il ajoute :  « les visiteurs y viennent et y reviennent pour la variété des expositions et les échanges avec les artistes ». (*)

Autre cabane citée dans le même article : celle qui héberge à Lanton le musée associatif « Gardarem ». Il contient 6000 outils utilisés traditionnellement autrefois sur le Bassin par les ostréiculteurs et les gemmeurs. Leurs secrets sont évoqués par les animateurs du musée qui racontent petites histoires et anecdotes aux visiteurs. (**)

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(*) Renseignements : www.ville-audenge.fr/cabane-bleue

(**) 2, allée des cabanes à Lanton.

– Une cabane naufragée.

   Dans « Sud-Ouest » du 20 février, David Patsouris signale qu’une des deux cabanes tchanquées risque de couler.  Ce sont les membres de l’association des usagers de l’île aux Oiseaux qui ont évoqué l’affaire. Le concessionnaire actuel de cette cabane n’a plus les moyens financiers d’y faire les lourdes réparations qu’exige le petit bâtiment dont 50 % de ses piliers sont détériorés. Coût de l’opération pour les remplacer : 500 000€. La Ville a donc récupéré la gestion de la concession de la cabane  et l’ardoise qui va avec … alors que c’est le Conservatoire du Littoral qui est propriétaire de cette cabane comme de sa voisine. Qui sont, en vérité, devenues des monuments historiques puisque David Patsouris cite la conclusion de deux géographes qui les ont étudiées et qui écrivent : « Ce sont comme des emblèmes, un référentiel qui conduit à identifier immédiatement le Bassin ». Tout porte à croire que la cabane en péril sera démolie et reconstruite à l’identique, s’il se trouve un financement. Lequel devrait venir de la Ville de La Teste dont le maire rappelle que la reconstruction de la sœur jumelle de la cabane lui  a coûté 630 000 €. Mais il affirme qu’il la maintiendra à flot, puisque, dit-il, « c’est patrimonial ».

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– Une cabane de 1929

   Elle est à Piraillan, s’appelle « Mar-y-Selva », arbore des boiseries orange et ses propriétaires l’ont ouverte à un journaliste de « La Dépêche du Bassin » du 8 janvier qui en a été fort étonné puisque tout, les tapisseries, les meubles, la décoration, le service de table et même les boutons électriques, vraiment tout, date de 1929, quand les villages ostréicoles de la  côte noroît ont commencé à s’y installer durablement. Elle illustre donc bien ce que fut l’influence « l’art-déco » dans la vie domestique quotidienne à l’époque. « On y est comme hors du temps, quand on pousse la porte on voit la benaise et quand on allume les lampes ont voit les ombres de ceux qui l’ont occupée », peut-on lire. Les producteurs de « Saison Cinq » en ont fait un film.

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– Une  maison pour célibataires

https://www.ladepechedubassin.fr/2016/06/16/a-la-une/avenir-maison-celibataires/

   Elle est située à Lège-Cap Ferret et Anne Beaumarchais l’évoque dans  « La Dépêche du Bassin » du 27 janvier. Elle fait partie de cet ensemble historique construit par Le Corbusier en 1924, afin d’héberger des ouvriers forestiers qui travaillaient à fabriquer des caisses  pour le compte de l’industriel Henri Frugés, lequel vendait du sucre. Avec elle, six autres constructions où l’on voit déjà le style « social » du grand architecte, sont gérées par Gironde Habitat. Évidemment, elles sont en béton, la technique qu’utilisera Le Corbusier dans toutes ses constructions, de la cité de Pessac à la Cité Radieuse de Marseille. Mais la « Maison des célibataires », destinée aux ouvriers non mariés et leur offrant le meilleur confort possible pour l’époque ainsi que des espaces de vie sociale en commun, a été laissée à l’abandon jusqu’à ces dernières années par la commune de Lège-Cap Ferret. Une faiblesse qui sera réparée puisque cette commune veut maintenant, selon les conseils de l’architecte parisien du patrimoine, en faire un musée. Il évoquera l’œuvre girondine de Le Corbusier, la notion de cité ouvrière, importante à l’époque et la filière bois. Le tout sera présenté dans un accompagnement artistique et scénographique conçu par Bruno Hubert. Bonne nouvelle : le calendrier des travaux est établi et la visite de la petite cité de Lège est désormais incluse dans un très officiel « itinéraire culturel européen ». 

                                                                                             Le 16 mars 2020