#127# Revue de presse / Patrimoine : initiatives anciennes et actuelles, que de richesses !

127/RP. 7 avril.

                                # 127 #  REVUE  DE  PRESSE : PATRIMOINE #

par Jean Dubroca

* Les Grès de Gascogne

+ Jean-Baptiste Lenné dans « La Dépêche du Bassin » du 18 mars, relate sa rencontre avec Marie-France Dubourg et son mari qui, au Barp, avec leur fils, continuent la tradition du travail de l’argile qui produit les ancestrales briques de Gironde, une activité née ici en 1820. Un siècle plus tard, on passait à la fabrication mécanique mais cela ne changea rien au processus ancien. L’argile provient d’un gisement des cinq hectares exploités actuellement, mais en fait beaucoup plus vaste et qui date de plusieurs millions d’années. Aujourd’hui, l’entreprise de la famille Dubourg, fondée en 1949, est l’une des trois qui subsistent en Gironde sur les 500 qui existaient il y a encore 50 ans. Eux, ils continuent d’alimenter l’important marché de ces pavés typiques du  Val de l’Eyre et qui, depuis 20O ans, produisent sur les classiques dimensions : 12 cm de côté et 4 cm d’épaisseur, avec des teintes allant du rosé au minéral. Ils bénéficient d’ailleurs pour cela du label officiel « Patrimoine vivant ». Même si aujourd’hui les formes des carreaux sont variées, le  produit est issu d’un cycle de fabrication traditionnel que le journaliste détaille et qui s’achève par la phase essentielle de la cuisson : 27 heures à 1180°. Les Grès de Gascogne ont encore de beaux jours eux car l’entreprise se diversifie en produisant des pots de résine à usage décoratif et en projetant une extension de l’exploitation du gisement d’argile qui lui permettrait de passer de 1500 tonnes de matière première traités aujourd’hui à quatre mille. « À suivre », conclut Jean-Baptiste Lenné. 

* « Il protège la forêt »

– Dans « Sud-Ouest » du 3 mars, Sabine Menet a rencontré Jacques-Éloi Duffau qui vient de protéger 40 hectares de forêt à Belin-Béliet, à proximité d’une zone humide où est prévue la construction d’une vaste plate forme logistique redoutée par une partie des habitants. M. Duffau n’a pas hésité à investir 250 000 € afin d’acquérir ce terrain forestier. Puis, en se basant sur la Loi de 2016 pour la reconquête de la biodiversité, il a obtenu le classement de sa parcelle pour 99 ans. Il espère que d’autres propriétaires suivront son exemple car il est persuadé « que c’est par la citoyenneté que se fera la transition écologique ». La décision de M. Duffau aidera le parc naturel des landes de Gascogne à créer une « Réserve naturelle régionale » de 400 hectares autour du site naturel du Graoux à Belin-Béliet. (Informations au 05 57 71 99 99).

* « L’étonnant viaduc de Béliet »

– C’est sous ce titre de « La Dépêche du Bassin » que Corentin Barsacq évoque un viaduc qui, pour n’être pas celui de Garabit,  a beaucoup impressionné la population lors de sa construction achevée en 1884. Il était destiné à équiper la ligne des Chemins de fer économiques qui reliait Facture à Saint-Symphorien. La presse de l’époque, souligne le journaliste, s’extasiait sur la hardiesse et l’élégance de ce viaduc métallique de 102 mètres de long, inspiré du style Eiffel à son concepteur, l’ingénieur Louis-Gabriel Le Brun. Il fut utilisé pour transporter le bois et des produits résineux jusqu’en 1978 et il constitue aujourd’hui un intéressant témoignage sur ce que furent ces petites lignes de chemins de fer qui quadrillaient le pays. Ce viaduc est un des points d’attraction du parc du Graoux et il est encore  admiré par de nombreux promeneurs malgré la regrettable fermeture du centre d’animation du parc.

* La vigne de Gujan-Mestras

– Jacky Donzeaud ( Sa photo ci dessus) a suivi pour « Sud-Ouest » du 25 mars les travaux de l’association « Lous Barbots de tous tems » dont une dizaine de membres prennent soin du lopin de vigne gujanais qui veut être une trace d’un vignoble étendu qui, depuis le moyen-âge, a marqué le passé local.  Jacky Donzeaud rappelle l’histoire des 500 pieds de cette vigne patrimoniale plantée en 2012 et qui fut vendangée dès 2014. En 2020, elle produisait 180 bouteilles, après avoir connu quelques déboires climatiques en 2019. Elle est bichonnée par des membres de « Lous Barbots » qui, sous la direction d’un spécialiste, Jean-Pierre Lobre, espèrent bien, dit leur président, Guy Dubourdieu, « faire revivre la tradition viticole bien ancrée dans la commune ».  

* Le site de Saint-Eloi à  Andernos

– « La Dépêche du Bassin » du 24 février consacre un long article, signé par Jean-Baptiste Lenné, relatif au site gallo-romain situé au sud de l’église St Eloi (XIe) à l’emplacement d’un ancien cimetière. Fouillé de manière grossière de 1903 à 1905, ce site qui a subi beaucoup de dégradations, est d’abord présenté comme celui d’une basilique bien que des écrits de 1866 aient parlé d’une villa.  Mais en 1993, des travaux menés par des chercheurs de l’Université de Pau confirment qu’il s’agit bien d’une villa gallo-romaine implantée là du Ie siècle jusqu’au 4e siècle après J.C.. Les divers éléments recueillis prouvent qu’il s’agit même d’une villa ayant appartenu à une famille de statut social élevé. Le prouvent, des restes de colonnes en marbre à chapiteaux corinthiens, des fragments de sculptures, des poteries, de nombreux bijoux, des bouts de vaisselle semi-précieuse et même…une pince à épiler d’époque mérovingienne. Une grande partie des dépendances de la villa a été engloutie par les eaux du Bassin. Un intéressant musée municipal montre une grande quantité de pièces issues des diverses fouilles. Il est situé dans la maison de Louis David qui fut maire d’Andernos de 1900 à 1929 et qui fut aussi le premier à protéger le site et à le soumettre à l’exploration d’experts, sous la surveillance du curé et de l’instituteur.  

* L’Association pour la sauvegarde du site naturel des Quinconces Saint Brice

+ Ce site se trouve à cheval sur les communes d’Andernos et d’Arès et il constitue un des rares endroits encore sauvages des bords du Bassin qui était un but de promenade préféré de Sarah Bernard.  Autant dire que ses 140 hectares sont fort convoités ! C’est pourquoi s’est formée une association forte de 350 membres qui s’est chargée de les défendre, de les protéger et de les entretenir. Dans « Sud-Ouest » du 18 mars, Christian Esplandiu a fait le point de ses derniers travaux qui ont eu pour but de relancer le programme d’entretien suspendu par la crise sanitaire. Déjà, l’association a pu réaliser la remise en eau des anciens bassins piscicoles (photo), l’entretien des chemins d’accès et de la forêt ou l’amélioration des écoulements hydrauliques. « Mais il reste beaucoup à faire de manière urgente », a dit le président de l’Association, Robert Brussac. Et de citer : consolidation d’une passerelle sur le ruisseau du Cirès et de ses berges, évacuation des tas de coquilles d’huîtres et curage du ruisseau du Comte. Régulièrement, des visites guidées du site dont organisées. « La nomination à temps complet d’un garde va permettre de veiller au grain », conclut le président Brussac.

* Le parc ornithologique du Teich a 50 ans

+ Dans « Sud-Ouest » du 8 janvier, Cathy Lafon rappelle la naissance officielle de ce parc, le premier de France, le 14 janvier 1971, sous la signature du préfet de la Gironde d’alors, Gabriel Delaunay. Déjà, dès 1960, quatre ornithologues girondins, Pierre Davant, Pierre Petit, Alain Fleury et Claude Quancard avaient démontré que les 120 hectare du delta de la Leyre situés sur la commune du Teich constituaient un lieu privilégié pour l’accueil des oiseaux migrateurs car fournissant un biotope idéal pour les canards et la sauvagine. Leurs avis furent écoutés lors de la création du Parc naturel régional des Landes de Gascogne qui installa le parc du Teich, un projet fort audacieux dont le maire de l’époque, le pharmacien Claude Laymand, sut saisir l’opportunité cela dans l’indifférence générale, sinon l’hostilité des chasseurs. Il fut décidé que le site serait divisé en deux parties égales : l’une ouverte à la visite, l’autre serait un sanctuaire pour les migrateurs. Pour les accueillir, Il fallut remettre en eau les anciens réservoirs à poissons et c’est à l’été 1973 que les premiers visiteurs purent observer les oiseaux, protégés dans leur milieu naturel. Un lieu que les volatiles allaient vite adopter puisque 3000 colverts y naquirent en deux ans. Aujourd’hui, de très nombreux visiteurs découvrent le parc avec ses 323 espèces d’oiseaux migrateurs y séjournant. Au total, on en compte des dizaines de milliers : cigognes, hérons cendrés, martin-pêcheurs, oies cendrées ; grues ou milans noirs venus des plus lointains territoires. L’audacieuse décision de 1971 s’avère aujourd’hui des plus judicieuses, à la fois pour la protection du milieu naturel et pour l’intérêt économique du secteur.                                          

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